IMG-20170707-WA0232

Pour la prise en compte des intérêts mutuels entre l’Europe et l’Afrique : Le président Houngbédji expose les 03 nouveaux défis à relever au Forum de Crans Montana

A la veille de la clôture des travaux du 28ème Forum de Crans Montana, le président de l’Assemblée nationale du Bénin, Me Adrien Houngbédji a fait ce vendredi 07 juillet 2017, une deuxième intervention après celle de la veille sur la Nouvelle Route de la Soie et les relations Chine-Afrique.

C’est l’Europe et l’Afrique qui ont été au cœur de cette deuxième prise de parole du chef de la délégation parlementaire béninoise. Me Adrien Houngbédji est convaincu que les deux continents ont un avenir commun mais il demeure la grosse interrogation de la construction de cet avenir. Pour y parvenir, le président de l’Assemblée nationale a exposé aux dirigeants du monde venus à Barcelone pour réfléchir ensemble sur le thème  «Quel Monde pour Demain ? Stratégies de Stabilité dans un Environnement imprévisible»,  les trois (03) défis qu’il faille relever. Mais avant, le président Adrien Houngbédji a rappelé le contexte des échanges commerciaux multi-continentaux.

« …Pour relever le défi des valeurs, le défi du développement durable, et le défi de l’interdépendance assumée, il nous faut revisiter et renforcer les lignes et les formes du partenariat, telles qu’elles existent aujourd’hui, qu’il s’agisse du partenariat ACP-UE, ou du partenariat Union Africaine/Union Européenne.» a déclaré le président Adrien Houngbédji à Barcelone avant de conclure en ces termes : « … C’est au prix du rééquilibrage de leurs relations que la proximité entre les deux continents sera bénéfique pour l’Europe et pour l’Afrique… ».

Voici détaillés dans son intervention, les trois (03) défis à relever à cette fin.

F.Z.OKOYA  www.visages-du-benin.com  Toute l’actualité du Bénin et d’ailleurs depuis 2009 ! Restez connecté avec nous,  restez informé!

DEUXIÈME INTERVENTION DU PRÉSIDENT ADRIEN HOUNGBEDJI AU FORUM DE CRANS MONTANA

L’Europe et l’Afrique ont un avenir commun : Comment le construire ?

IMG-20170707-WA0232LE CONTEXTE

En débattant hier sur la Nouvelle Route de la Soie, nous avons constaté que se créé sous nos yeux, un axe fort d’émergence des échanges commerciaux, multi-continentaux (Afrique, Asie, Europe) parallèlement avec un des moments forts de l’émergence progressive d’un monde de plus en plus globalisé.

L’Afrique et l’Europe sont parties prenantes à cet axe, et à cette globalisation.

C’est une opportunité qui leur est offerte de repenser les liens d’interdépendance qui existent entre les peuples, les Etats, les économies, les valeurs, la sécurité.

L’Europe est appelée à penser l’Afrique autrement que sous le prisme de l’hégémonie, mais sous le prisme du partenariat et de la complémentarité. Pendant longtemps, l’occident a exercé un quasi monopole du leadership industriel, de l’innovation, et de l’initiative.

Ce monopole et ce leadership sont en voie de régression, par l’émergence de nouveaux pôles de développement à travers le monde. Les sources de production et d’approvisionnement sont de plus en plus diversifiées. Le rapport des Nations Unies daté de 2013 et intitulé   « L’ESSOR du SUD », établit qu’à l’horizon 2020, la production économique cumulée de la Chine, de l’Inde et du Brésil, dépassera la production économique cumulée des USA, du Canada, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni.

L’Afrique de son côté a de plus en plus conscience de ses potentialités, de ses ressources immenses et du rôle qu’elle peut et doit jouer dans le développement économique mondial.

Depuis le milieu de la décennie 2000-2010, la croissance économique de l’Afrique est de l’ordre de 5 à 6%, ce qui fait d’elle un nouveau repère dans la croissance économique mondiale.

Les dirigeants africains ont lancé, outre le NEPAD, un programme détaillé de l’agriculture, qui prévoit de consacrer 10% du PIB de chaque pays au secteur de l’agriculture. Ils ont prévu des investissements pour accélérer la réalisation d’interconnexions entre les différentes communautés économiques régionales.

On peut dire globalement que l’Afrique ne se pense plus comme une simple pourvoyeuse de matières premières, mais qu’elle vise à s’industrialiser.

Elle aspire à la fin de l’aide publique au développement. Elle aspire à l’instauration des rapports de coopération fondés  sur le partenariat avec le reste du monde.

Dès lors, la relation entre l’Europe et l’Afrique doit être construite sur la prise en compte des intérêts mutuels.

Une telle perspective implique de nouveaux défis à relever.

EN TOUT PREMIER LIEU, LE DEFI DES VALEURS.

La démocratie, les libertés, les droits de l’homme, l’Etat de droit, la bonne gouvernance sont des préoccupations aujourd’hui partagées par l’Europe et par l’Afrique.

L’Afrique a internalisé nombre d’instruments internationaux en cette matière, à travers des conventions et traités régionaux, et à travers des normes constitutionnelles nationales.

La durabilité de l’implémentation de ces normes et valeurs, dépend largement de la capacité des systèmes mis en place, à faire face aux besoins vitaux des peuples, et à créer des opportunités d’emplois pour les jeunes.

EN SECOND LIEU, LE DEFI DU DEVELOPPEMENT DURABLE.

Les changements climatiques qui affectent le monde, affectent avec plus d’acuité les pays pauvres, notamment africains.

L’interdépendance climatique et environnementale, implique que les bonnes procédures de développement soient partagées, notamment en matière d’énergie.

L’Afrique qui est aux portes de l’Europe, est le continent le plus mal pourvu en énergie électrique, malgré ses potentialités.

Le bois de chauffe comme source d’énergie, menace les dernières forêts tropicales, réservoir de carbone. Une telle situation est dangereuse pour le monde dans sa globalité.

L’Europe doit donc, plus que par le passé, œuvrer pour un plus grand transfert des technologies dans le domaine des énergies renouvelables, la gestion des ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique, qui sont des préoccupations au cœur de l’Accord de Paris de 2015.

L’Accord de Paris et la Nouvelle Route de la Soie sont une occasion de définition des intérêts stratégiques et de partage des responsabilités, comme bases de relations plus saines et plus efficaces.

ENFIN LE DEFI DE L’INTERDEPENDANCE ASSUMEE   

L’Afrique et l’Europe sont confrontées chacune à sa manière à des problèmes démographiques.

La population en Afrique est à forte proportion de jeunes. Cette population de jeunes est poussée par l’attrait ou le mirage de la prospérité économique de l’Europe ; d’où cette tendance à braver les flots de la Méditerranée, au risque de leur vie pour atteindre les côtés européennes.

Les tragédies de la migration en Méditerranée, rappellent quotidiennement, que le type de relation économique entretenue avec l’Afrique, n’a pas permis au continent africain d’émerger.

L’Europe devra donc être plus engagée sur le continent en termes d’investissements créateurs d’emplois, en termes d’opportunités d’entreprenariat pour les jeunes.

L’économie d’extraction et d’exportation de matières premières sans transformation minimale, ni valeur ajoutée, n’est plus soutenable ; ce qui convient désormais, c’est une interdépendance assumée.

Pour relever le défi des valeurs, le défi du développement durable, et le défi de l’interdépendance assumée, il nous faut revisiter et renforcer les lignes et les formes du partenariat, telles qu’elles existent aujourd’hui, qu’il s’agisse du partenariat ACP-UE, ou du partenariat Union Africaine/Union Européenne.

Ces modèles de partenariat restent encore dominés par l’idée de l’aide publique au développement.

Or, comme l’a démontré le « AFRICA PROGRESS PANEL » dirigé par Koffi Annan, dans son rapport 2013, l’aide publique en direction de l’Afrique n’équivaut même pas à la moitié des pertes subies par ce continent du fait des flux financiers illicites, dus aux multinationales, et aux personnes physiques.

C’est au prix du rééquilibrage de leurs relations que la proximité entre les deux continents sera bénéfique pour l’Europe et pour l’Afrique.

Je vous remercie.

www.visages-du-benin.com  Toute l’actualité du Bénin et d’ailleurs depuis 2009 ! Restez connecté avec nous,  restez informé!

Laisser un commentaire

Commentaire(s)

Visages du Bénin est un média en ligne créé depuis 2009 d’information générale dirigée par le journaliste béninois Francis Z.OKOYA. La rédaction de Visages du Bénin animée par des professionnels et soutenue par ses différents correspondants propose toute l'actualité sur le Bénin et ouvre une large fenêtre sur le reste du monde. Restez connecté avec nous, restez informé.
VOTRE PUB ICI

Nos rubriques

AFRIQUE TELEVISION

Toute l'actualité africaine en un clic

Toute l'actualité africaine en un clic

www.visages-du-benin.com Toute l’actualité du Bénin et d’ailleurs depuis 2009 ! Restez connecté avec nous, restez informé!

www.visages-du-benin.com  Toute l’actualité du Bénin et d’ailleurs depuis 2009 ! Restez connecté avec nous,  restez informé!

www.visages-du-benin.com Toute l’actualité du Bénin et d’ailleurs depuis 2009 ! Restez connecté avec nous, restez informé!

DECOUVREZ LA VILLE DE PORTO-NOVO, LA CAPITALE DU BENIN

DECOUVREZ LA VILLE DE PORTO-NOVO, LA CAPITALE DU BENIN

DECOUVREZ LA VILLE DE PORTO-NOVO, LA CAPITALE DU BENIN, LA VILLE AUX TROIS NOMS: ADJATCHÊ; HOGBONOU; PORTO-NOVO AVEC SES ATTRACTIONS TOURISTIQUES

Nos archives

AFRIQUE TELEVISION

AFRIQUE TELEVISION, dans le coeur de l'Afrique

Toute l'actualité africaine en un clic

PUB

....Pour valoriser et redonner vie à ll'important gisement culturel de Porto-Novo et le mettre au service du développement tant national et international

FESTIVAL INTERNATIONAL DE PORTO NOVO