Intervention du président Adrien Houngbédji à la 43ème session de l’APF, Luxembourg
Intervention du président Adrien Houngbédji à la 43ème session de l’APF, Luxembourg

Le président Houngbédji à la 43eme session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie : « Les diversités culturelles, linguistiques et des identités ne sauraient passer sous silence l’urgence de les protéger sur internet »

La 43ème session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (AFP) qui coïncide avec le 50ème anniversaire de l’APF et la 8ème session de l’Assemblée parlementaire des Jeunes Francophones, ouverte le lundi 10 juillet 2017 dans le Grand-Duché de Luxembourg, a connu la participation de plusieurs parlementaires des pays membres de la Francophonie et de plusieurs personnalités présentes à l’image du Grand-Duc de Luxembourg Son Altesse Royale Henri, de la Secrétaire Générale de la Francophonie, Mme Michaëlle Jean, du Premier ministre luxembourgeois, M. Xavier Bettel, ainsi que de plusieurs présidents de parlement des pays ayant en partage la langue française. L’Assemblée nationale du Bénin y est représentée par une délégation conduite par son président Me Adrien Houngbédji.

Lors du débat général de l’Assemblée plénière le mardi 11 juillet 2017, le Président Adrien Houngbédji a fait une intervention autour du thème : « Diversité linguistique, diversité culturelle, identité : l’urgence de protéger les diversités à l’ère du numérique ».

Intervention du président Adrien Houngbédji à la 43ème session de l’APF, Luxembourg

Intervention du président Adrien Houngbédji à la 43ème session de l’APF, Luxembourg

Dans son message, le président de l’Assemblée nationale a rappelé que « … Si l’un des rôles cardinaux de la Francophonie, rôle dans lequel notre Assemblée l’accompagne, est de promouvoir la diversité linguistique et culturelle comme moyen de dialogue et de développement, c’est sans doute parce que les fondateurs de cette organisation ont vu dans le foisonnement des particularités culturelles et linguistiques qui font de l’espace francophone, une richesse…Dans ce contexte, l’arrivée du numérique et d’internet, boostée par les applications de discussion instantanée, les fora, et autres technologies, devrait rester une chance pour la diversité et le dialogue des cultures et non un instrument de clivage ». Me Adrien Houngbédji attirera plus loin l’attention de ses pairs, qu’il appartient aux parlementaires « …d’accompagner les gouvernements et les populations dans la définition de l’usage que nous voulons faire d’internet, afin qu’il demeure un outil sain d’échanges, et non un instrument de prosélytisme religieux ou identitaire… ». Et c’est à juste titre qu’il a évoqué le Code du Numérique voté par le parlement béninois il y a quelques semaines dans ce sens.

Dans son intervention (dont l’intégralité est ci-dessous),  Me Adrien Houngbédji a partagé avec les autres parlementaires francophones, sa conviction  selon laquelle, « …La diversité a besoin de liberté et d’initiatives pour s’exprimer. Elle a aussi besoin d’espaces qui la protègent et la nourrissent. Internet en est un. Pour être complètes, nos discussions sur la thématique des diversités culturelles, linguistiques et des identités, ne sauraient passer sous silence l’urgence de les protéger sur internet. »

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Le président Adrien Houngbédji recevant les félicitations de ses pairs après son intervention à la tribune de la 43ème session de l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie (AFP)

Le président Adrien Houngbédji recevant les félicitations de ses pairs après son intervention à la tribune de la 43ème session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (AFP)

DIVERSITE LINGUISTIQUE, DIVERSITE CULTURELLE, IDENTITE : L’URGENCE DE PROTEGER LES DIVERSITES A L’ERE DU NUMERIQUE

Intervention du Président Adrien HOUNGBEDJI à la 43ème session de l’APF, Luxembourg, 6 au 11 juillet 2017

Monsieur le Président,

Chers Collègues,

Je voudrais avant tout vous dire la joie qui est la mienne et celle de la délégation du Bénin, de m’adresser à vous à l’occasion de cette 43ème session de notre institution. Je remercie la section Luxembourgeoise pour son accueil et pour les attentions dont elle nous entoure.

En choisissant comme thématique principale de ces assises, la diversité linguistique, la diversité culturelle et les identités, notre Assemblée s’inscrit dans l’un des débats essentiels de notre temps.

En effet, l’humanité est entrée dans une ère nouvelle où la multiplication des acteurs et leur capacité à se faire entendre, a complexifié la définition même des identités. Qu’il s’agisse d’ONG, d’activistes, ou d’individus de plus ou moins grande influence, l’accession à cette forme de reconnaissance, procède moins de la valeur intrinsèque de leurs idées, que de l’extraordinaire facilité avec laquelle ils peuvent désormais obtenir et entretenir une audience, grâce notamment à l’internet et aux outils du numérique.

Cette évolution crée une fragmentation des préoccupations, et donc des revendications susceptibles d’être portées au registre des urgences d’ordre social, politique ou culturel. Elle facilite aussi une formidable capacité de convergence des intérêts, où qu’ils se trouvent sur la planète ; nous obligeant à nous rendre à l’évidence que le peuple, ce même peuple que vous et moi ici présents représentons, et dont nous sommes censés porter les intérêts et les aspirations, n’a jamais eu autant de pouvoir que sur internet.

De plus en plus de groupes religieux ou idéologiques, se replient sur leurs identités et leurs convictions en se servant de la liberté d’internet pour diffuser leurs idées. Ces relais sont d’autant plus sournois qu’ils ne suivent plus le tracé des frontières nationales établies, mais peuvent réunir dans un continuum spatial et numérique, des personnes d’origine et d’influence très diverses.

Nous sommes interpellés par le fait que les appels à la haine raciale qui fleurissent sur la toile, y trouvent une large audience.

Nous sommes aussi interpellés par le fait que INTERNET, vitrine de la diversité qui s’enrichit par les échanges, soit aussi l’instrument d’un repli sur soi aliénant.

Mesdames, Messieurs,

Si l’un des rôles cardinaux de la Francophonie, rôle dans lequel notre Assemblée l’accompagne, est de promouvoir la diversité linguistique et culturelle comme moyen de dialogue et de développement, c’est sans doute parce que les fondateurs de cette organisation ont vu dans le foisonnement des particularités culturelles et linguistiques qui font de l’espace francophone, une richesse.

Les identités en soi, nos identités, ont de la valeur ; Elles nourrissent une langue, le français, dont se réclament plus de 270 millions de locuteurs.

Dans ce contexte, l’arrivée du numérique et d’internet, boostée par les applications de discussion instantanée, les fora, et autres technologies, devrait rester une chance pour la diversité et le dialogue des cultures et non un instrument de clivage.

Il y a là un sérieux défi à relever. Les tentatives de régir le monde du numérique par des lois et des règlements ont souvent été perçues comme liberticides ou comme peu contraignantes pour avoir de réels effets. Pour autant, on ne peut plus dire que l’internet est une zone de non-droit.

Le Bénin par exemple vient de se doter d’un code du numérique qui encadre en quelques 600 articles, les services GSM, internet, la cybercriminalité, le journalisme en ligne, l’utilisation des réseaux sociaux et l’e-commerce entre autres.

On peut aussi citer la Convention de l’Union Africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel adoptées en juin 2014 à la 23ème session ordinaire de la Conférence de l’Union, réunie à Malabo.

Ainsi, dans la plupart de nos pays et ensembles régionaux, les législations incitent à étendre l’état de droit et la protection des libertés individuelles jusque dans la sphère du numérique, contre la cybercriminalité, définissent les cadres de la propriété intellectuelle pour les contenus qui y sont échangés, encadrent les échanges commerciaux qui se produisent sur la toile…, autant d’avancées louables dont nous ne pouvons pourtant plus nous contenter.

Quelques législations vont plus loin, en France notamment, où des mesures de blocage administratif peuvent être imposées aux fournisseurs d’accès à Internet ou à l’encontre des sites faisant l’apologie du terrorisme pour limiter « l’autoradicalisation » des internautes.

Chers collègues,

Plus de trois milliards de personnes utilisent internet dont un quart de francophones ; et 2,79 milliards d’entre elles sont abonnées à des réseaux sociaux et de consommation. Ils tendent à imprimer de nouveaux paradigmes jusque dans les modes d’expression, d’apprentissage ou de revendication de nos identités, influant sur nos perceptions de la diversité.

Internet et le numérique sont devenus les vecteurs d’une formidable culture populaire et intellectuelle à laquelle il nous faut apprendre à proposer des instruments juridiques appropriés.

C’est pourquoi il nous appartient, à nous parlementaires, d’accompagner les gouvernements et les populations dans la définition de l’usage que nous voulons faire d’internet, afin qu’il demeure un outil sain d’échanges, et non un instrument de prosélytisme religieux ou identitaire.

L’une des clés du succès réside dans notre capacité d’écoute à l’endroit de nos jeunes qui ont grandi avec ces nouveaux outils. Ils en parlent le langage pour ainsi dire, par les multiples applications mobiles ou de bureau toujours plus innovantes qu’ils créent, mais aussi par leur façon d’apprendre, de se mettre en réseaux, d’entreprendre, ou même de générer des revenus.

Les jeunes africains sont en particulier au cœur de cet écosystème. Ils sont en effet entrés de plein pied dans la culture numérique qui émerge au début du 21ème siècle ; ils créent leurs propres modèles, ils alimentent une émulation créative qui a donné naissance à des expériences de premier plan.

Mesdames, Messieurs,

La diversité a besoin de liberté et d’initiatives pour s’exprimer. Elle a aussi besoin d’espaces qui la protègent et la nourrissent. Internet en est un. Pour être complètes, nos discussions sur la thématique des diversités culturelles, linguistiques et des identités, ne sauraient passer sous silence l’urgence de les protéger sur internet.

Je vous remercie.

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