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Suspension du maire Léhady Soglo : Les réactions de Rosine et Nicéphore Soglo, Me Alao Sadikou, Claude Djankaki, Joseph Djogbénou, Valentin Djènontin, Prince Agbodjan…

000_par547621_0Il n’est plus maire de Cotonou depuis le vendredi 28 juillet 2017 et ce, pour deux mois. Telle est la décision prise par le ministre en charge de la décentralisation, Barnabé Dassigli à l’encontre de Léhady Soglo. Cette affaire aura tenu toute l’opinion publique en haleine durant le weekend écoulé et continue d’ailleurs de faire des vagues. Voici la réactions de quelques personnalités ( Nicéphore Soglo, Robert Dossou, Rosine Veyra Soglo, Maître Sadikou Alao, Claude Djankaki, Joseph Djogbenou, Valentin Djènontin, Clément Gnonlounfoun, Prince Agbodjan, Olympe Bhêly-Quenum,) sur le dossier.

Nicéphore Soglo, Ancien Président du Bénin et ancien Maire de la ville de Cotonou

Ce qui se fait ici aujourd’hui, c’est une négation de la démocratie locale. J’étais en train d’écrire un article parce que à Dakar, le maire de cette ville a été jeté en prison. Mais dans une démocratie, il y a une présomption d’innocence. Il aurait fallu évidemment que ce soient des juges qui décident de ça. D’abord, à quel titre un proconsul, parce que j’ai eu avant, quand j’étais maire, un certain Barnabé Dassigli qui était en ce moment préfet, je l’ai envoyé sur les roses pour lui dire « monsieur, je ne vous connais pas parce que vous étiez dans la dictature, nous avons une démocratie désormais.» La question qu’on doit se poser aujourd’hui est : est-ce qu’on est prêt pour la démocratie locale ? Je crois que oui, mais il faut lutter contre la dictature et nous gagnerons. Nous allons faire reculer la dictature parce que le peuple de ce pays est un peuple rebelle. Je l’ai dit à Talon et ça, il a de la peine à comprendre mais il le fera de gré ou de force. La démocratie est cours en Afrique, rien ne peut l’arrêter. On peut la freiner. Mais il perd son temps. D’abord, il est d’une autre époque. Quelqu’un qui est parti dans le coffre d’une voiture doit savoir qu’il faut une minimum de démocratie.

 

Robert Dossou, Avocat au barreau de Cotonou

Les coïncidences sont nombreuses et ce n’est pas bon. Je dis calmement et tranquillement que ce n’est pas bon. Moi je suis un militant engagé pour le droit. Notre peut engager tout ce qu’on veut mais il faut suivre le droit. Lorsqu’on a un reproche à faire à quelqu’un, il faut lui notifier ce qu’on lui reproche. Lui laisser le temps de préparer sa défense. Mais prendre les gens comme ça parce que à ce train là, nous sommes tous exposés. N’importe qui peut avoir sa maison envahie de soldats ou de policiers et on peut l’arrêter et l’enfermer n’importe comment pour n’importe quoi. Des cas de ce genre, il faut les éviter, porter atteinte à la dignité ou à la liberté d’une personne humaine, le droit qui s’applique chez nous ne le permet pas lorsqu’il n’y a pas le principe de contradictoire. Si le principe de contradictoire ne peut pas s’appliquer préalablement à ces choses là dans des fonctions respectables que les gens occupent, nous sommes menacés. Et en ce moment-là, moi, militant des droits de l’homme et militant du droit tout court, je suis obligé de m’engager.

 

Rosine Veyra Soglo, Député à l’Assemblée Nationale

Je revenais d’un séminaire à Agoué. Je n’ai même pas eu le temps de rentrer à la maison quand ma fille me téléphone pour me dire qu’ils sont là et ils veulent arrêter mon mari. J’ai dit ils veulent arrêter qui ? Mon fils ? Mais Talon, il se trompe de personne. Ce n’est pas Léhady qu’il veut mais c’est moi. C’est moi que Talon veut. Tout ça parce que j’ai empêché la révision de la Constitution. Comme il ne peut rien faire contre moi alors il s’acharne contre mon fils. Mon fils ne lui a rien fait du tout.

 

Maître Sadikou Alao, Avocat de Léhady Soglo 

 « J’ai demandé au commissaire, pourquoi êtes venu au domicile du maire ? C’est un domicile privé, vous n’y êtes pas invité.  Il me dit qu’il veut rencontrer le maire. Je dis en quelle qualité ? Il dit qu’il est commissaire de police. Mais le maire ne vous a pas invité est-ce que vous avez un mandat pour vouloir rencontrer le maire. Il a dit « Non » mais en tant que commissaire il peut rencontrer le maire. Je dis il n’y a aucun texte qui vous permet de rencontrer le maire ».

Des explications de l’avocat, les policiers sont passés du motif, « rencontrer le maire » au motif d’arrestation avant d’échouer sur le motif de perquisition du domicile de ce dernier. Une perquisition du domicile du maire dans le cadre de quelle enquête ? Une réponse à laquelle le commissaire était incapable de répondre selon les dits de Maître Alao.

 

Claude Djankaki, spécialiste de la décentralisation

Le législateur a prévu les étapes d’appréciation de la faute lourde. D’abord, elle est constatée  par l’autorité de tutelle qui, après avis du conseil départemental de concertation et de coordination, en dresse un rapport au ministre chargé de l’administration territoriale. La suspension peut alors intervenir par arrêté du ministre et la révocation par Décret pris en conseil des ministres. Le Maire de Cotonou a été invité à donner une explication suivant une procédure d’audition <sur place>, alors que le législateur a prévu suivant l’article 56 de la loi 97-029, des explications par écrit au conseil départemental de concertation et de coordination.  A la fin de l’audition à 16 h parait-il, intervient la suspension à 16h30. Visiblement l’on note une mise en scène spectaculaire. L’idéal aurait consisté à l’observance d’un délai de 48 h au moins pour ne pas donner l’impression d’un acharnement inutile. Ce qui viole le droit de la défense. Le législateur n’a donc pas prévu une telle procédure d’urgence. Ce faisant, les actes pris pourraient être entachés d’irrégularités pour non respect du droit de la défense. C’est un principe sacro-saint en droit. Un bon dossier qui ne respecte pas la forme est perdu d’avance.

Joseph Djogbenou, Garde des sceaux

 « Depuis hier est commenté dans l’opinion une  situation sur l’ouverture d’une enquête judiciaire qui s’est traduite par la perquisition du domicile de Lehady SOGLO. Aucune autorité de la chaîne judiciaire ou gouvernementale n’a donné un ordre pour arrêter qui que ce soit. Il est revenu après audit des services de ministère de l’économie et des finances le constat d’une incinération des souches de tickets et de la dissipation des pièces comptables. Autre élément c’est la volonté réitérée du maire Lehady de quitter le territoire national. Le maire a écrit au préfet soit disant quitter le Bénin pour la Suisse ce vendredi 28 juillet 2017,ce que le préfet a récusé. Il s’agit d’une procédure d’enquête policière qui a amené les éléments de la police à perquisitionner le domicile du maire. Tout s’est fait selon le code de procédure pénal actuel, celui en vigueur. Lorsque l’enquête est ouverte, l’officier enquêteur peut entrer dans un domicile, faire des saisis et tout ceci dans la limite des prescriptions du code de procédure pénale. Selon le code de procédure il y a 4 types de mandat et le mandat de perquisition n’a jamais existé dans notre code pénale ,dans ce cas précis l’officier enquêteur n’a donc pas besoin d’un mandat. Nous dénonçons vivement le faite que certaines personnes pas des moindres ont ventilé dans l’opinion que Lehady SOGLO voulait être arrêté, c’est faux! Des obstructions à la libre enquête ont été observées dans ce dossier et à l’arrivée  la personne concernée à savoir Lehady SOGLO n’a pu être retrouvé à son domicile.

Le maire de Porto-Novo comme nous pouvons le rappeler a été entendu la semaine dernière. En définitive , Lehady SOGLO s’est soustrait de son domicile et reste introuvable à cette heure. La perquisition devrait avoir lieu  aussi bien au domicile de Lehady SOGLO qu’à la MAIRIE de Cotonou. Le préfet pourra donner plus d’explications et le ministre de la décentralisation fera le compte rendu au gouvernement qui appréciera. Nous pouvons pas nous prononcer sur la procédure à l’étape actuelle des choses. Donc retenons que le gouvernement n’est pas encore saisi. Faut-il considérer que l’autorité qui le fait est dans une position d’acharnement ? De toutes les façons le code de procédure pénale est là et les juges feront leur travail.  Nous devons nous poser la question de savoir si des personnes sont coupables de faits avérés, ne devront-ils  pas répondre devant l’autorité? Nous souffrons dans notre pays de ne pas avoir des cours de compte véritables mais n’ajoutons pas d’autres difficultés à ceux qui sont sensées auditer. Comment peut-on créer une commission le 18 Avril 2016 pour incinérer des souches de tickets et des pièces comptables qui relèvent de 2013-2014?  Je rappelle que l’obstruction à une enquête est aussi un délit puni par le code pénal »

 

 Valentin Djènontin, Député à l’Assemblée Nationale

Sans aller trop loin dans l’analyse, le bon sens nous amène à relever que l’arrêté du Ministre de la décentralisation pose un problème de sincérité. Comment faire référence à une audition bâclée à peine terminée dans cet arrêté ?  A quelle heure la réunion d’audition a-t-elle pris fin ?  Quand est ce que le compte rendu du Préfet a-t-il été rédigé et transmis à quelle heure au Ministre ? 

A quelle heure le courrier a-t-il réceptionné au secrétariat ?  A quelle heure le Ministre l’a lu ?  A quel service ou Directeur a-t-il affecté le courrier du Préfet ?  Quelle est la Direction ou service qui a initié l’arrêté ?  A quelle heure le projet d’arrêté a t-il été reçu au bureau d’investigation de la présidence pour examen ?  Quand est ce que la réponse de la Présidence est-elle parvenue au Ministre ?  Quand….?  Quand….?  Quand…? N’importe quoi !  Une mise en scène mal conçue et mal exécutée

Clément Gnonlounfoun, ancien maire de Dangbo

De ma position d’ancien maire connaissant parfaitement les textes de la décentralisation que j’ai appliqués durant sept ans à la mairie de Dangbo, je peux vous rassurer qu’à la lumière des multiples reproches qui sont formulés dans l’audition du préfet Toboula Modeste au maire Soglo Lehady, il y a de graves présomptions de fautes lourdes, et que le maire aurait de grosses difficultés à s’en sortir.  Mais c’est la précipitation dans laquelle les choses se sont faites en moins de 12 heures d’horloge sans donner à Lehady le droit de répondre par écrit, et l’envoi des forces de l’ordre à sa recherche sans un mandat d’amener judiciaire, qui dénotent d’une intention malsaine de la part de Toboula, Dassigli et Talon qui s’agitent maladroitement autour de ce dossier pourtant extrêmement compromettant pour Lehady. Mettons-nous en tête que si nous cautionnons cette bêtise de la violation du droit du présumé coupable qui est actuellement entrain de se commettre sur Lehady, nous ne ferons que faire de Talon et son régime, une monstrueuse machine de la pire dictature, qui va broyer sans discernement tout sur son passage.

Car si nous laissons le pouvoir exécutif de Talon s’adjuger des prérogatives du pouvoir judiciaire en le supportant dans la dérive dictatorial qui s’observe actuellement sur la personne de Lehady, nous aurons fabriqué des monstres qui après avoir broyé Lehady, vont s’emballer vers d’autres victimes pour les broyer sans ménagement, et ce serait dommage pour tout un chacun de nous dans la mesure où on ne sait à qui le tour après Lehady. Le pouvoir Talon devrait confier le dossier du maire Lehady à la justice, et si ce qui lui est reproché était réellement vérifié, il en répondra. C’est vrai que les quatre membres de la famille Soglo ont  vécu depuis 1990 jusqu’à ce jour aux crochets des fonds publics, mais rien ne peut justifier logiquement la grave bêtise qui est actuellement entrain de se commettre sur la personne de Lehady Soglo.

 

Prince Agbodjan, Juriste

Chers amis, lorsque les libertés publiques, les droits de l’homme sont en difficulté, il faut pas en rire….car la roue tourne et tournera toujours….donc faisons très attention quelles que soientt nos positions actuelles. Moi je m’inquiète car il y’a quelques mois, on était très nombreux à nous lever pour dénoncer de pareilles situations….Faisons les choses dans les normes et l’élégance digne des hommes qui se respectent et qui savent prendre de la hauteur car nous sommes tous des béninois et personne n’est béninois que l’autre. C’est tout simplement décevant ce que nous observons actuellement…. Un peu d’élégance s’il vous plaît.

Propos transcris par Marc KOSSOU

Olympe Bhêly-Quenum, Ecrivain

Garrgues-Ste-Eulalie, 29/07/17

AVERTISSEMENT À PATRICE TALON.

Président de la République du Bénin.

Par Olympe BHÊLY-QUENUM

« To o gbà … Olympe, je te connais, je sais que tu ne baisseras jamais les bras. » Cardinal Bernardin GANTIN.

Oui, dussé-je être au pied de la tombe. je me battrai pour la Démocratie et contre le fait du prince.

Pas un mot dans la kyrielle des « vu » de l’ ARRÊTÉ  signé  Barnabé Z. DASSIGLI, qu’on m’a envoyé de Cotonou ne spécifie que dans l’État de droit qu’est la République du Bénin, les forces de l’Ordre peuvent, sans mandat, pénétrer dans le domicile du citoyen lambda. C’est le seul point qui m’intéresse dans la logorrhée de l’ARRÊTÉ concernant Lehady Soglo, maire de Cotonou.

Le Bénin ne manquant pas de juristes, voire de haut niveau, qu’on explique au peuple en vertu de quel article de la Constitution le chef d’Etat agit en violation flagrante de la Loi.

« Les onagres sont le gibier des lions au désert, ainsi les pauvres sont la proie des riches. » La Bible de Jérusalem, L’Ecclésiastique.13 Fréquenter ses égaux, verset. 19.

Le peuple du Bénin n’est pas un troupeau d’ânes sauvages. Si le président Patrice Talon veut un coup d’Etat, il s’y prépare ; s’il veut l’insurrection d’un pays pacifique qui ne saurait trop supporter les agissements répréhensibles qui émaillent la nouvelle gouvernance plus soucieuse des affaires personnelles de Monsieur le Président de la République que des besoins vitaux du peuple, il en fera les frais.

Sauf les décrire, je n’aime ni les coups d’Etat, ni les insurrections, mais celle des Morts est imprévisible.

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